Et un torrent…
De l’eau, de l’eau comme s’il en pleurait
Élément nourricier, Substance assassine
Des armes, des larmes comme s’il en pleuvait
Dispensée à outrance, pluies acides Exit,
lacs placides, océans impavides
La vie s’éteint, noyée…
Quand meurent les glaciers
Au loin dans une contrée paisible,
un torrent, baryton liquide, écume de rage.
Plus haut, entre ciel et plaisir,
un torrent,
dans sa robe d’écume et de nage
s’apprête à épouser l’orage.
De l’eau, encore de l’eau…
L’homme oublie son histoire Jadis,
une arche fut son exutoire
On a oublié les erreurs, chéri le bateau.
Des larmes, de l’eau…
Avant d’être nourricière, elle est purificatrice.
Elle remonte, noie nos cicatrices.
Au loin dans une contrée paisible,
les voix des Dieux en colères nous parviennent du fracas du torrent.
Plus haut, entre espoir et insouciance, un torrent,
dans sa robe d’épousailles, s’apprête à déferler sur nos enfants…
Noé, si jamais tu as existé
Que ta sagesse investisse nos âmes
Que nos mains inspirées construisent des rames
Encore une fois, on oublie les maux pour glorifier le bateau
Encore une fois, on souffle sur les bougies sans manger le gâteau
Dépêche-toi, mon ami, on a de l’eau jusqu’aux yeux
Dépêche-toi, mon ami, nous aussi on veut devenir vieux…
Mais au loin dans son lit de tumultes, un torrent grossit ses eaux.
La terre est en colère, le ciel en est témoin, l’eau sera son glaive. Et pourtant ! Que c’est beau un torrent au printemps…
Patrick Godard





















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